Urban Legend 2

Genre : séquelle mordrait!

Fiche technique

Revue : le bon docteur Bis

LES AVENTURES DU DOCTEUR BIS DANS LA JUNGLE DU VIDEOCLUB DE LA MORT QUI TUE (Sixième épisode)

Nous attaquons donc avec cette suite qui, avec "Blair Witch 2", pourrait créer un nouveau genre : la séquelle faux-derche. Mais n'anticipons pas, présentons juste le film :

URBAN LEGEND 2

(Urban Legend : Final Cut, 2000, avec Jennifer Morrison, Hart Bochner, Joseph Lawrence, un chien, un couteau, une caméra, et le torchenave qui cause par-dessus tout ça s'appelle John Ottman. Z'êtes bien avancé avec ça...) Qu'est-ce qui peut pousser un authentique vicelard à louer le DVD d'un film qu'il n'a pas aimé ? Mais le commentaire audio, voyons ! Eternel attrape-couillon, parfois intéressant, mais attrape-couillon tout de même. Et lorsqu'il s'agit d'un fier navet, il s'agit, pour le vicelard précité, d'une sorte de phénomène pervers : comment le réalisateur va-t-il justifier la nullité de son travail ? En est-il conscient ? Est-il un Ed Wood aveuglé? Ou s'en fout-il ?

Jusque là, j'ai résisté héroïquement à l'appel de "Komodo". Parfois, le bon docteur se dit qu'il devrait consulter un docteur. Si.

Mais bon : puisqu'on a choisi de boire le calice jusqu'à la lie, on glisse le dévédé dans son logement, on effectue le rituel du choix des menus (scènes, chapitrage, vo, vf, suppléments, tournage, pub, sous-titrage en Gagaouze ou en Ouzbèke, photos de famille, pages de pub, fonction grille-pain, schmilblik caché dans un coin en cliquant sur le groin du réalisateur au fonds à droite, bonbons, esquimaux, chocolats glacés...) Après deux ou trois heures à pousser des boutons, ça y est, c'est prêt, l'écran s'allume pour de bon.

Magique !

Le bouzin s'ouvre sur un avion en pleine tempête, ce qui m'a fait penser très fort : "La Quatrième dimension" ! Divine surprise, le réalisateur confirme histoire de ne pas se faire accuser d'originalité. Donc, cet avion est chargé de torchenaves de tout poil avec des chemises Hawaïennes à faire louper une couvée de singes en plein vol. Un couple s'isole dans les toilettes pour y faire le signe du Bouddha à double menton, ce qui, somme toute, est un comportement parfaitement normal durant un vol transcontinental, pendant qu'une cagole crise un brin. Or un type au regard allumé et au grand couteau apparaît... (Qui a crié "Turbulence à 3000 pieds" ? Pas le réalisateur. Ah ? Bon...) La cagole se doute qu'il y a cachalot sous gravillon et sort de là... Pour tomber sur des cadavres et le tueur. Elle se retrouve enfermée dans la cabine, le tueur tente d'entrer et... Un visage se plaque à la vitre et crie : "Coupez" !

Ben oui, c'est un "réalisateur à ressort", puisqu'il s'agit d'un film-dans-le-film. Ce qui, d'après le (vrai) réalisateur (dans le commentaire, faut suivre !), donne au film son ton "décalé" (?). Moi, j'aurais plutôt dit "Scream 2" (Déjà repompé par l'Australien "Cut" qui, lui, avait bien un ton décalé, il restait juste à définir par rapport à quoi)), surtout lorsqu'on prend pour décor une école de cinéma trop luxueuse pour être honnête... Mais peut-être que ce monsieur ne va jamais, hem... Au cinéma...

Bon, des élèves écoutent des vieux croûtons expliquer ce qu'est le cinéma (Le - vrai - metteur en scène devait avoir un billet d'absence ce jour-là), histoire d'introduire la chair à canon, pardon, les personnages. Et l'héroïne, Amy, réalisatrice en devenir spécialisée dans le documentaire qui décide de se mettre à la fiction.

On nous présente sous la neige une agente de sécurité noire locale qui vous pousse à crier "Halloween 20" ! Un plan inutile dévoile le revolver qu'elle porte à sa ceinture, pour qu'on ait une idée de la fin du film.

On passe au bureau du professeur de cinéma nommé Salomon (Hart Bochner, qui fut l'épitome du sex-symbole dans "Appartement Zéro" et se retrouve bien bas), où une cagole apporte son projet de film. Le vieux prof, d'ailleurs, discute de "cinéma vérité" (En Français dans le texte. Faut croire que ça fait branché là-bas, ça change des "Detective-movies dont le plot implique des gunfights entre mobsters et une love-story au climax" de chez nous). Sans transition, comme on dit à la TV, on passe dans un bar où une cagole explique qu'elle a dégoté un rôle et va s'en aller vers un avenir radieux. Son vis à vis ‹ le réalisateur d'origine, semble-t-il, enfin, celui dans le film, quoi ‹ profite d'un moment d'inattention pour mettre une poudre suspecte dans... leurs deux verres (? Pourquoi les deux ?) Un peu plus tard, la cagole se sent mal, va récupérer son manteau... Et reçoit un sac en plastique sur la tête sans autre forme de procès. Et ce à trois mètres d'une salle de bar bondée.

Elle se réveille dans une baignoire pleine de glace dans une pièce sordide. Sur la table, un rein. Une plaie à son côté donne à penser qu'il s'agit du sien, même si c'est assez difficile à reconnaître au premier coup d'oeil. Glurbs. Le responsable présumé est dans la pièce d'à-côté, en train de s'affairer. Puisque le charcutier n'a pas eu l'idée de l'attacher, la cagole sort de sa baignoire... Et glisse, alertant l'homme masqué en moins de temps qu'il n'en faut pour dire "cliché". Elle referme la porte, mais "il" est là... Elle recule jusqu'à la fenêtre, renversant le rein au passage. Apparaît derrière la fenêtre un chien à ressort qui fait sursauter tout le monde. Elle tente néanmoins de s'enfuir par la fenêtre et se retrouve coincée entre le berger Allemand (qui n'est donc pas qu'un chien à ressort, en fin de compte) et le tueur... Qui l'empoigne, y compris par sa plaie (Re-glubs !), l'entraîne... Et utilise la fenêtre en guillotine comme, ben, guillotine. Puis il jette le rein inutilisable au chien, qui le dévore.

Alors... Une question se pose : que vient faire cette séquence ? Un film-dans-le-film ? Non. Un souci de relier le tout au thème des légendes urbaines ? Sans doute, puisqu'elle fut tournée plus tard et greffée sur le tout sans souci de rime, ni de raison. Ce court-métrage mal relié au tout (Franchement, on voit presque les sutures) est bien fait et assez angoissant. Tout ce que le film n'est pas.

Pouf, pouf.

Et on revient au campus où deux cagoles échangent des légendes urbaines (histoire d'enfoncer le clou). Pourquoi ? CDLS, ou plutôt CDLT (C'est Dans Le Titre) Nous suivons la blonde, Amy, et en concluons donc qu'elle est LA survivante à venir. Il s'agit pour tous de présenter des projets de films de fin d'étude. Elle interagit, comme on dit, avec Toby, le réalisateur du film du prologue que tout le monde a déjà oublié (encore un greffon raté), et se fait effrayer par deux rigolos costumés portant un parka pelucheux comme le tueur du premier film (nudge nudge, wink wink...)

Un nommé Travis est out : son projet n'est pas retenu. Scène de la vie ordinaire.

Pendant qu'Amy tourne une scène de son film (D'horreur bien sûr, et qui donne à penser qu'elle aurait dû rester au docu) les deux rigolos lui font croire que la chute d'un projecteur a tué son actrice, mais C'ETAIT UNE BLAGUE ! (Ouarf, ouarf.) Apparaît aussi un cameraman d'origine Russe (Insérer rires. Pourquoi ? CDLS) doté d'une superbe caméra. Comme il se la joue beau ténébreux et est étranger, le panneau "Suspect" s'allume instantanément.

Fini pour aujourd'hui ! Conformément à la mode, une des actrices s'avère lesbienne (Il manque la goth de service, grave manquement à un des amendements récents du CISB). Une autre actrice oublie sa clé à l'intérieur et retourne dans le studio désert. Soupir... Certaines personnes n'apprennent jamais les grandes leçons de l'existence. Et avant que vous ayiez le temps de crier "Témoin Muet" !, elle se fait tuer par un individu masqué qui la filme au passage, façon "Le voyeur" de Michael Powell. C'est bien, ces films qui permettent d'étaler sa science...

Les autres regardent des rushes tous plus abominables les uns que les autres lorsque intervient le vrai snuff (çui qu'à filmé le tueur comme que je viens de vous le dire, on suit au fonds de la classe !), inséré au métrage. Bien sûr, cette scène semble bien meilleure que les autres, mais Amy a des doutes...

Ils retournent au studio, sans trouver la moindre preuve, lorsque tombe la nouvelle : Travis, l'homme au projet refusé, s'est suicidé. La, le scénar devient tellement complexe dans sa stupidité qu'on commence à se demander de qui se moque-t-on...

A son enterrement, tout le monde se rassemble... Amy fait ce que fait tout personnage dans ce genre de film, c'est à dire se mettre en position dangereuse sans la moindre raison valable (CDLS). Elle se rend donc à la tour où il s'est suicidé et, dans un décor assez étrange où tout est drapé de bâches plastique (Ça sert à rien, mais ça fait joli), tombe sur... Travis, ou plutôt son frère Trevor ! (dit-il.) D'après le réalisateur, les nombreux grattements de tête engendrés par son apparition sont censés démontrer l'intérêt de ce développement capillotracté. Est-ce vraiment son frère ? Travis s'est-il vraiment suicidé ? Est-il l'assassin ? En a-t-on vraiment quelque chose à battre, puisqu'on sait que, de toute façon, la réponse sera stupide ?

Pendant qu'Amy enregistre des hurlements à minuit, ça peut servir, on tient un nouveau suspect : un membre de l'équipe, une demoiselle dont j'ai oublié le nom qui semble s'intéresser à Amy. Puis un autre, le drôle de réalisateur raté qui tourne autour des tournages qui tournent mal. De toute façon, tout le monde se doit d'agir de façon suspecte, selon l'art. 4 alinéa 6 du CISB. C'est alors que, devant le studio, le tueur au masque d'escrime (je crois) apparaît et massacre le cameraman à grands coups de torche électrique. Mais Amy enregistre un curieux son entre deux hurlements... En l'occurrence un "vrai" cri. Bien sûr, lorsqu'elle va y voir de plus près, le cadavre a disparu. Les bandes vidéo de surveillance lui montreront le meurtre, avec une apparition de Reese, la gardienne noire jouant l'élément comique (Noire, grosse, qu'est-ce que vous espériez ?). Amy récupère donc la cassette et se rend dans un studio d'enregistrement (Pourquoi ? CDLS) et se fait attaquer par le tueur. Elle s'échappe et se retrouve illico dans les bois (Pourquoi ? On n'en a pas vu aux alentours de la Fac. Un cas de télétransportation hors-champ ?) et se fait poursuivre jusqu'au bord d'un lac (idem). Amy se retrouve dans un tunnel plein de tubes et de gyrophares (?????) où elle tombe... Sur Reese, la fliquesse, qui bien sûr, étant chargée de patrouiller dans le campus, va se paumer dans des tunnels arme au poing histoire d'avoir l'air suspecte. Sauf que si elle était vraiment coupable, elle n'aurait qu'à flinguer Amy et cacher le cadavre... Groumph.) Pas de chance, Amy a paumé sa cassette. Tout ça pour ça...

Elle appelle Trevor, qu'elle retrouve (en pleine journée, tout d'un coup). En plein cours du prof Salomon, elle montre un nouveau scénar de légende urbaine autour d'un train fantôme... Et pan : c'est parti pour le tournage trainfantômatique, histoire d'avoir un zouli décor gratuit pour le final. Bien sûr, le tueur attaque dans ce faux train fantôme, suivi par un déluge de stroboscopes. Il assassine les techniciens, Amy s'en sort... Alors qu'il devient évident que l'assassin l'a laissée partir. Pour tout le monde, sauf les héros. Elle retourne voir Trevor... Et hop ! Une petite séquence de rêve où celui-ci la poignarde, ça mange pas de paiin (...).

De nuit, elle voit une lumière dans la fameuse tour d'où se jeta le suicidé présumé (Travis donc) et y monte pour y trouver une de ses techniciennes qui, selon un cliché répandu, a reçu un mot d'Amy l'invitant à la retrouver là en haut. Logique : où se donner rendez-vous, sinon au haut d'une tour inquiétante au passé récent chargé ? (Comment le tueur savait-il qu'elle passerait par là, verrait la lumière et déciderait d'aller jeter un oeil ? CDLS.) Elle trouve les cadavres de ses amis dévorés par les rats (classique...) Après avoir échappé une fois de plus au tueur, elle tombe sur Trevor : celui-ci a découvert que Toby, le réalisateur ringard du début, a plagié le film de Travis (d'après ce que j'ai cru comprendre). Amy et Trevor le confrontent, puis le professeur Salomon intervient. Celui-ci abat Trevor : Salomon a tué tous ceux qui ont travaillé sur le film afin de pouvoir s'en emparer et s'assurer une place à Hollywood ! (Qui a dit "DOA, mort à l'arrivée"...) On y croit, on y croit ! Affrontement final, le revolver de Salomon se retrouve perdu au milieu de faux (Qui a dit "Une nuit en enfer" ?) Bien sûr, Amy retrouve le bon et abat Salomon. Bon, on s'attend à ce qu'il se relève, comme tout assassin digne de ce nom, et... Non. Quoi ? Une bête balle et c'est fini ? Petit joueur...

Encore une série de fausses fins plus tard et un happy-end grotesque ou tout le monde y fait du cinéma... On voit Salomon, bien vivant, mais dans un fauteuil roulant et sans même un choc final annonçant que, contrairement a toutes les règles du CISB. Frustration garantie !

A moment donné, Ottman dit qu'à la base, ces films sont en général, ben... stupides (Là, il a fait une synthèse !) avant de s'extasier sur des scènes qui n'ont rigoureusement rien à voir...

Film faux derche donc, puisqu'il se base sur le premier et montre un irrespect total et militant du genre qu'il emploie et de l'attente du spectateur. D'où le rapport à l'agaçant "Blair Witch 2", qui allait somme toute jusqu'à cracher sur le premier.

Donc : quelques morts. Un tueur masqué. Plus de greffes que sur le premier monstre de Frankenstein venu. Du déjà-vu partout partout partout. Du matraque fu, du train fantôme fu, du n'importe-quoi fu, du spectateur fu (A ce niveau d'ânerie, on peut considérer cela comme un acte de violence. Taux d'infidélité au CISB record. Effets secondaire : des poussées de colère pouvant faire monter la tension et plus de soupirs écoeurés que de grattages de crâne. Prescription du docteur : a éviter à tout prix, sauf pour les masochistes.

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